lundi 8 août 2016

Méditations personnelles


Lundi 8 août 2016


Questionnement sur une comparaison








   Peut-on comparer le courant pacifiste à tout prix des années 30 avec l’injonction au vivre-ensemble qui fleurit dans la bouche des politiciens et nombre de médias aujourd’hui, suite à la succession d’attentats terroristes islamistes en France, Belgique et Allemagne ?[1]

Celle qui l’affirme s’appuie sur une citation de Raymond Aron qui interroge le pacifisme au lendemain des élections législatives allemandes de juillet 1932,  qui voient le parti nazi devenir le premier parti du pays, en ces termes : "Une conception de ce type { qui affirme que les responsabilités entre états belligérants sont toujours partagées } suppose que les États aux prises soient de même type, que leurs responsabilités dans l'explosion  soient sinon égales, du moins comparables, enfin elle suppose que les conflits ne soient jamais inévitables et n'aient jamais un enjeu historique qui enjoigne à l'homme de pensée une prise de position nette pour un des camps. »

   On ne peut que donner raison à l’historien Aron car si le pacifisme franco-allemand au lendemain du Traité de Versailles se justifiait entièrement (et pour une part ce courant influencera la construction européenne après les horreurs phénoménales de la Seconde Guerre Mondiale), il s’aveugle devant la menace que représente le parti nazi qui emporte les élections en 1932 et qui positionne de façon incontournable Adolf Hitler comme futur chancelier. Il est évident que ce pacifisme à tout prix mais aussi les traumas récents de la Première Guerre Mondiale ont conduit les représentants britannique (Chamberlain) et français (Daladier) aux accords catastrophiques de Munich (1938).

   Mais cette réflexion de l’historien Aron sur le courant pacifiste des années 30 qui voient gagner le nationalisme nazi, peut-elle s’appliquer sans réserve à l’injonction actuelle de nombreux politiques et médias français, belges ou allemands à ne pas succomber aux amalgames entre musulmans et islamistes et qui enjoignent au bien vivre ensemble ?

 Voilà ce qui me pose question, vraiment question. Et d’abord, par le biais de la réflexion de Raymond Aron, de mettre ainsi en parallèles Munich 1938 et la résistance de personnalités politiques et journalistiques à la logique infernale que nous impose Daesh et tous les mouvements islamistes fascistes mondiaux sur nos propres territoires européens.
 Car s’il peut être effectivement utile de méditer la réflexion d’Aron pour notre aujourd’hui, c’est vis-à-vis des responsables de l’islamo-fascisme qu’elle doit s’appliquer. Or nous sommes, ce me semble, entrés militairement en guerre effective contre lui au Moyen Orient, et policièrement dans nos pays.

 J’ai ressenti un très désagréable sentiment en lisant cette note, et il ne s’est qu’amplifié en lisant ses commentaires élogieux. Je rejette par avance toute construction interprétative qui s’imaginerait que de façon a priori je chercherais à m’opposer par principe au duo qui tient ce blog et avec les publications duquel je me suis auparavant déjà effectivement opposée avant d’être devenue persona non grata, car je partage avec ses auteurs, la nécessité toujours actuelle du combat  contre l’antisémitisme, et qui, j’insiste, trouve un nouveau souffle en Europe avec la judéophobie arabe et l’extrême-gauche antisioniste.
 Sentiment de grand malaise car mettre sur le même pied Munich 1938 et la volonté d’hommes et de femmes de résister en prônant le vivre ensemble, c’est implicitement considérer que nous devrions entrer en guerre civile. Ce qu’espère le pseudo état islamique  et qu’il applaudirait à coups de salves guerrières de kalachnikovs au Moyen Orient.


   Nous sommes tous surpris par la rapidité et les modes par lesquels des pseudos musulmans de chez nous, jeunes pour la plupart, se radicalisent et basculent dans la plus inouïe des violences. Et la sans doute inévitable médiatisation des actes terroristes commis en entraîne d’autres, par effet de mode et de mimétisme. A Nice, à Charleroi hier, on apprend  que les assassins se sont « islamisés » à la vitesse V’, sans doute d’abord par internet. Comment combattre un tel phénomène totalement inédit ? C’est extrêmement compliqué. Il faut en tout cas octroyer aux services de sécurité de nos pays tous les moyens indispensables afin qu’ils puissent mener la chasse à ce nouveau terrorisme islamo-fasciste.
 Il faut développer la surveillance de certaines mosquées, et urgemment les fonds investis par certains états comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar sur ce terrain. Il faudrait donc surtout et avant tout que nos pays aient une position claire et courageuse vis-à-vis de pays pétroliers du Golfe et rompent tout commerce avec eux tant que leur position vis-à-vis de l’islamo-fascisme reste ambiguë. Pareil à l’égard du quasi sultan Erdogan en Turquie. L’argent n’a pas d’odeur ? Que oui ! Et bel et bien celui du sang quand il se compromet avec une idéologie mondiale fascisante. Mais quel gouvernement démocratique se battant en vain contre le taux de chômage inéluctable en son pays s’honore-t-il d’un tel courage politique ?  Je crois, aucun. Et s’il y a à user encore de la formule fétiche et usée de Munich 1938, ce serait d’abord contre nos états qui, au nom de l’ultra libéralisme, pactisent encore et toujours avec des états voyous.


   Il faut enfin sortir de notre sorte de paresse vis-à-vis de la religion de l’islam et qui nous maintient dans une indifférenciation de ses courants. On traiterait n’importe quel écrivant de chez nous d’analphabète s’il confondait dans le christianisme, et surtout en référence au long temps des guerres dites de religion, le culte catholique, orthodoxe, protestant, et dans celui-ci, les obédiences luthérienne, calviniste ou anglicane.
  
  Et c’est en effet regrettable que la maire de la ville de Denain, Anne-Lise Dufour-Tonini, défile dans la rue, main dans la main, avec  un Hassan Iquioussen, membre de la confrérie des Frères Musulmans et qui tient pour sa communauté des propos inacceptables en démocratie. Il nous faut des connaissances beaucoup plus pointues pour différencier les idéologies islamistes totalitaires de la simple croyance de la grande majorité de nos concitoyens musulmans.


 C’est certain aussi que nous devons lutter pour le maintien d’un état neutre et laïc, demeurer vigilants afin que tous ses agents en fonction le garantissent tel quel et cela sans la moindre compromission. C’est certain sans doute aussi que dans les années à venir, la chose publique devrait à nouveau devenir comme il se devrait incessamment en démocratie, l’affaire de tous ses citoyens.

   J’en termine avec ma méditation du jour. Les temps sont d’une infinie complexité et d’une nouveauté tragique radicalement inédite. Du passé en effet nous devons tirer les leçons, autant celui d’un pacifisme aveuglé dans les lugubres années 30 qui nous aura par exemple entraînés aux désastreux accords de Munich et qui doivent nous garder vigilants vis-à-vis de la paix à tout prix, que celui du populisme, du nationalisme xénophobe et de la monstration d’un unique bouc émissaire proposé  à la vindicte d’un peuple en souffrance.



P.S. Mon texte n’est qu’un essai de réflexion. Je ne pense aucunement que je puisse avoir raison dans tout ce que j’avance. Je tente seulement de réfléchir au mieux, seulement avec les moyens qui sont les miens dans une époque extrêmement, profondément troublée, et qui ne peut se satisfaire de comparaisons avec notre passé (européen).









mercredi 27 juillet 2016



Méditations personnelles


Mercredi 27 juillet 2016




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      Aujourd’hui, j’ai lu la note d’une blogueuse sur l’Obs, ainsi que ses nombreux commentaires, à propos d’un tout bref extrait du discours que le Préfet de la République de Rhône-Alpes, Michel Delpuech, a prononcé à la Grande Mosquée de Lyon, vendredi 22 juillet, à l’invitation de son recteur, Kamel Kabtane.


 Cette note ne se centre que sur cet extrait du discours préfectoral : « Je condamne à nouveau, avec la plus grande fermeté, ces actes ignobles qui, en désignant à la vindicte votre communauté, rappellent, ni plus ni moins, les méthodes qui conduisirent les Nazis à la Nuit de Cristal. » Elle ne cite pas le paragraphe en entier et qui commence ainsi : « Depuis l'attentat de Nice, on a vu des inscriptions abjectes visant les Musulmans. « Dehors ou la Mort » était-il écrit sur le muret de la mosquée de Bron. »

 L’auteure de cette note exprime son total désaccord quant à l’utilisation de la comparaison de la terrible Nuit de cristal en Allemagne nazie, - et qui a brisé des milliers de vitrines de commerce, incendié de centaines de synagogues, détruit des logements occupés par des familles juives et fait plus de 100 morts -, avec quelques inscriptions islamophobes taguées par exemple sur l’un ou l’autre mur de mosquée.


   Elle a raison évidemment en absolu. Elle a raison aussi face à l’histoire. On sait aujourd’hui avec exactitude comment a fonctionné la terrible machine idéologique nazie qui aura débuté par l’identification d’un bouc émissaire, puis par sa mise à l’écart de la vie sociale et économique allemande (et des pays satellites européens quand le Reich les a conquis), et enfin par son extermination dans de nombreux camps de la mort. Sauf les personnes de mauvaise foi, tout le monde sait qu’une telle catastrophe aura quasi atteint 6 millions de victimes innocentes, réduites en cendre seulement parce que juives.

 C’est la pire des horreurs survenus sur le sol européen. Il est à espérer qu’il n’y en aura jamais plus d’aussi absolue.

   Je médite maintenant le propos du Préfet de Rhône-Alpes. Mais pour cela, j’ai tenu à visionner l’entièreté de son intervention à la Grande Mosquée de Lyon, précédée de  celle aussi remarquable de son recteur,  Kamel Kabtane (http://original.livestream.com/mosqueelyon/video?clipId=flv_51d860d7-97cd-488f-be2b-a8a263a047ef&utm_source=lsplayer&utm_medium=ui-play&utm_campaign=click-bait&utm_content=mosqueelyon).


 Un message en trois points. De fraternité et de concorde d'abord, de fermeté et de détermination ensuite, de confiance et de responsabilité républicaines enfin.
En voici quelques extraits :

Ceux qui frappent notre pays n'ont qu'un but, politique et subversif, c'est fracturer notre société, y semer la discorde, y insuffler la haine. La République ne doit pas tomber dans le piège. (…)

Depuis l'attentat de Nice, on a vu des inscriptions abjectes visant les Musulmans. « Dehors ou la Mort » était-il écrit sur le muret de la mosquée de Bron. Je condamne à nouveau, avec la plus grande fermeté, ces actes ignobles qui, en désignant à la vindicte votre communauté, rappellent, ni plus ni moins, les méthodes qui conduisirent les Nazis à la Nuit de Cristal.
Honte aux auteurs de ces injures. Honte à ceux qui, par bêtise ou complaisance, légitiment les pires amalgames et la suspicion.
Je veux donc saluer la réaction qui a été la vôtre, Monsieur le Recteur, Monsieur le Président du CRCM. Elle donne l'exemple de la sagesse, de la modération, de l'apaisement.
Elle exprime votre confiance dans nos institutions et je puis vous assurer, en effet, que les services mettent tout en œuvre pour identifier les auteurs de ces actes et les déférer à la justice. (…)
Amis musulmans, la République a aussi besoin de vous, pour que nous soyons ensemble dans les combats que nous avons à mener. Contre l'obscurantisme ; contre le repli identitaire ; contre les mensonges qui trahissent l'essence même de votre foi.
Mais aussi combat pour les valeurs de la République, pour celles que porte la déclaration des Droits du 26 août 1789, pour celles que décrivent le préambule de la Constitution de 1946 et l'article 1er de la Constitution de la Ve République.
Je sais, cher Kamel, chers amis, pouvoir compter sur votre engagement et votre sens des responsabilités, qui ne sont plus à démontrer. A titre d'exemple :
Il faut renforcer la formation des imams aux principes de la République, tels qu'ils sont enseignés ici à l'IFCM, en relation avec l'Université Catholique et la Préfecture. Nous sommes prêts à vous y aider pour faire plus encore.
Il faut lutter contre les dérives radicales en signalant celles que vous constatez autour de vous. Vous êtes associés à la plateforme de prévention de la radicalisation, et je souhaite que ce partenariat soit renforcé.
Il faut veiller à ce que les enseignements dispensés dans certaines écoles privées fréquentées par vos enfants ne soient pas source d'embrigadement, et j'émets le vœu, à titre personnel, que ces enseignements rappellent toujours le primat des lois républicaines. L'autorité académique est prête à vous aider sur ce chemin.


   Dommage que le blog de l’Obs que j’ai consulté aujourd’hui se soit seulement focalisé sur le bref passage du discours du Préfet Michel Delpuech où il ne compare pas directement les tags islamophobes à ce qui s’est passé lors de la Nuit de cristal, mais qui tente seulement d’alerter sur une logique ostracisante qui pourrait y conduire, si nous n’y prenons pas garde. Dommage qu'il n'ait pu réaliser combien il était essentiel, du point de vue de la République, de venir rassurer la communauté musulmane de France après ces nouveaux attentats barbares et terroristes, et ainsi tenter de limiter les risques d'amalgame entre islamistes radicalisés et peuple de croyants.
 Démarche indispensable, dans l'épreuve, afin qu'il n'y ait qu'un peuple français avec et non contre ses convictions religieuses ou athées.

 J’ai écouté très attentivement l’ensemble du discours de Michel Delpuesch et j’ai pu le lire aussi. Remarquable discours selon moi. De même celui du recteur de la Grande Mosquée, Kamel Kabtane.


  C’est vital de connaître la logique de notre nouvel adversaire, Daesh. Lui, il veut la guerre civile dans nos pays, entre Français musulmans d’origine étrangère et Français dits de souche. Et sur ce plan, l’intervention de Michel Delpuech à la Grande Mosquée de Lyon, au lendemain de l’attentat terroriste du 14 juillet à Nice, était primordiale. Et d'ailleurs, le gros de son discours devant la mosquée de Lyon était centrée sur la lutte contre les acteurs et les agents du terrorisme islamique.



P.S. La terrible tuerie sur la Promenade des Anglais à Nice a fait quelques 30 victimes de confession musulmane. Soit au moins une victime sur trois. C’est aussi dire, mais dans quelle douleur, qu’il y avait donc pas mal de Français d’origine maghrébine qui étaient là pour fêter la République Française…



lundi 23 mai 2016


Lecture lente de

L’antisémitisme dans les sociétés
marquées par l’islam

de Günther Jikeli


2










   Pour Pierre-André Taguieff[1], la judéophobie mondialisée découle prioritairement de la propagande antisioniste des pays arabes et de l’antijudaïsme théologique islamiste de toutes obédiences (sunnite, chiite,…). L’auteur montre que la conception du monde de certains islamistes est très nettement antisémite, que certains lancent des appels au meurtre de juifs, et que cet appel à la haine meurtrière va souvent de pair avec un puissant anti-américanisme. Mais hélas, il n’y a pas que les islamistes radicaux ; et, surtout dans le conflit israélo-palestinien, on entend des dirigeants dits « modérés » ou « libéraux » qui lancent ce genre d’appel comme l’imam Ahmed al Tayed en poste à l’Université islamique al-Azahr du Caire ou encore Yusuf al-Qaradawi, juriste mondialement connu et qui entretient des liens étroits avec la communauté des Frères musulmans. C’est à ce point que, d’après Günther Jikeli,  les simples musulmans eux-mêmes ont du mal à cerner la frontière qui sépare les mouvements islamistes antisémites du courant général de l’islam.

 Le Middle East Media Research Institute (MEMRI) recèle des sources précieuses pour analyser l’antisémitisme ambiant dans les médias des pays musulmans (médias arabes, iraniens, pakistanais, soudanais), ainsi que les Archives Tom Lantos sur l’antisémitisme et le négationnisme, et les comptes rendus d’ONG antiracistes, en particulier ceux de l’Anti-Defamation League. Ces derniers regorgent d’exemples et de brèves analyses à l’attention du grand public, portant sur l’antisémitisme au sein du Hamas, dans la Confrérie (des Frères musulmans), dans la presse arabe et iranienne.

 Tous ces organes mettent en évidence le phénomène de diffusion, de propagation et de réception des fumeux Protocoles des Sages de Sion. Ceux-ci constituent certainement le texte le plus lu dans la pseudo littérature du « complot juif ». La plupart des médias arabes, non seulement taisent l’origine tsariste fallacieuse des Protocoles, mais utilise cette référence comme une source absolument sérieuse et fiable.
 De même, ces institutions étudient comment se vit la perception de la Shoah dans les pays musulmans. Celle-ci est souvent empreinte d’idées antisémites, et des chercheurs comme Meir Litvak et Esther Webman, qui ont suivi l’évolution de la perception de la Shoah dans le monde arabe depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale à aujourd’hui, montrent qu’elle se caractérise par de l’ignorance « crasse », mais aussi par du négationnisme, une approbation clairement antisémite de la Shoah, ou des comparaisons qui réécrivent l’histoire.

 Quelques recherches sont menées sur le cas de la montée de l’antisémitisme en Turquie, où l’on constate une popularité évidente de textes comme Mein Kampf et des Protocoles des Sages. Depuis 2005, le pamphlet antisémite d’Adolf Hitler y est devenu un best-seller (plus d’un million d’exemplaires vendus en deux mois) ; quant au faux historique, les Protocoles des Sages, il a été réédité 114 fois entre 1946 et 2012, la plupart du temps par des maisons d’édition fondamentalistes.
 Un tel antisémitisme turc serait surtout le fait de groupes islamistes mais aussi d’ultranationalistes, et il trouve un écho favorable dans le peuple. Le mouvement politique (AKP) dirigé par le Président actuel Erdogan, au pouvoir depuis plus de dix ans, a contribué à une généralisation massive de l’antisémitisme, particulièrement grâce à l’antisionisme.

Parmi les islamistes turcs, sont principalement répandues des théories du complot mettant en scène des crypto-juifs ou se rapportant à la fondation de la Turquie moderne, ainsi que des théories du complot antisionistes. De prétendus crypto-juifs, nommés Dönme, y sont diabolisés, présentés comme des traîtres et considérés comme le principal obstacle aux tentatives pour passer de la République turque sécularisée à une République turque islamique.[2]


   Pour d’autres pays non arabes mais sous influence musulmane, des comptes rendus existent de ce qui s’écrit dans la presse, mais de véritables analyses de l’antisémitisme doivent encore être menées. L’auteur de la présente étude signale tout de même la différence d’écho que donnent les théories du complot juif au Pakistan, où elles sont très répandues dans l’opinion publique, par rapport au Bangladesh où elles sont proportionnellement rares puisque « seulement » 32% de la population y approuvait 6 des 11 énoncés antisémites (cf. sondage évoqué plus haut) en 2013.
 Et Jikeli de conclure : Le peu d’intérêt de la recherche pour cette question pourrait être lié au fait que ces pays ne comptent aujourd’hui que peu de juifs parmi leurs habitants.

  Il existe des initiatives dans les pays arabes qui combattent explicitement l’antisémitisme mais elles sont isolées. Au Maroc, a été créé l’Observatoire marocain de lutte contre l’antisémitisme, qui compte parmi ses fondateurs principalement des berbères non-juifs vivant au Maroc.




(À suivre)





[1] Pierre-André TAGUIEFF, Prêcheurs de haine : traversée de la judéophobie planétaire, Paris, Mille et une nuits, 2004, p. 183.
[2] Rıfat N. BALI, Antisemitism and Conspiracy Theories in Turkey, Istanbul, Libra Kitap, 2013.

mardi 17 mai 2016

Lecture lente de

L’antisémitisme dans les sociétés
marquées par l’islam

de Günther Jikeli[1]


1







   En moins de 5 ans : Mohamed Merah tue de sang froid des enfants et un instituteur sur le seuil d’une école juive de Toulouse, puis Medhi Nemmouche tue quatre personnes au Musée Juif de la rue des Minimes à Bruxelles, puis, il y a eu la fusillade devant la synagogue de Copenhague, tuant le gardien et blessant deux policiers, puis, après les meurtres au siège de Charlie Hebdo, Amedy Coulibaly prend des clients en otages à l’Hyper Casher de la Porte de Vincennes à Paris et en tue quatre, et le 13 novembre dernier, lors des attaques terroristes islamistes, le choix du Bataclan pour la fusillade qui fait 89 victimes et de nombreux blessés graves, est peut-être déterminé lui aussi par de l’antisémitisme. Ou encore, un homme portant la kippa se voit poignarder en pleine rue…

   On ne peut plus ne pas s’interroger sur la montée d’un antisémitisme arabe et musulman en Europe et dans le monde. Cette question de plus en plus pressante doit d’urgence être prise au sérieux par des intellectuels de gauche. S’il y a bien encore et prioritairement discriminations vis-à-vis des personnes issues de l’immigration maghrébine, cela ne peut strictement pas cautionner la minimisation d’un phénomène plus qu’inquiétant et qui vise le juif seulement parce qu’il est juif (et non d’abord simple citoyen).

 Ce pourquoi j’ai choisi de lire attentivement et de commenter ici, le long article de Günther Jikili, publié sur l’excellent site du Cairn.info (http://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2015-2-page-89.htm)


   L’auteur précise d’abord que dans les pays musulmans, la population juive a quasi disparu aujourd’hui. Si elle était au nombre de 750.000 à 850.000 en 1945, cette population n’est plus que de moins de 80.000 aujourd’hui. Dans les pays musulmans, les plus grandes communautés juives sont aujourd’hui situées en Iran (environ 10.000 juifs) et en Turquie (environ 17.000) – et ce, là encore, après une émigration massive.

 Si les attentats antisémites de type djihadiste ne sont le fait que d’une infime minorité, ce n’est pas pour autant que l’antisémitisme ne soit pas répandu dans la grande majorité de l’opinion publique des populations marquées par l’islam. L’auteur de cet article rend ainsi compte des résultats d’un sondage dans les pays musulmans effectué par la Anti-Defamation League en mai 2014 à partir de 11 énoncés antisémites. Ces résultats sont très inquiétants, et toujours bien au-dessus de 50%, les personnes sondées approuvent au moins 6 des 11 de ces énoncés.
J’insiste et précise :

- 56% en Iran
- 69% en Turquie
- 74% en Arabie Saoudite
- 78% au Liban
- 80% au Maroc
- 86% en Tunisie
- 87% en Algérie et en Lybie
- 92% en Irak
- 93% en Cisjordanie et à Gaza.


 Les idées antisémites les plus répandues dans les pays musulmans tournent autour des théories du complot juif (s’inspirant du faux Protocoles des Sages de Sion), de représentations des juifs comme auteurs de meurtres rituels d’enfants et d’empoisonneurs, diabolisation littérale d’Israël, propos négationnistes et utilisation de la symbolique nazie. Comme le montre Robert Wistrich, spécialiste renommé en la matière, l’antisémitisme est bien plus ancré dans les sociétés musulmanes, - et arabes en particulier -, qu’on ne le pensait, qu’il ne s’explique pas uniquement par la propagande de l’élite politique du mouvement panarabiste dans les décennies précédentes, et qu’il n’est pas simplement réductible à de l’antisionisme[2].


(à suivre)





[1] Günther Jikeli est professeur invité à l’institut d’étude de l’antisémitisme contemporain de l’Université d’Indiana aux Etats-Unis. Il est chercheur associé au Groupe Sociétés, Religions, Laïcités / CNRS, Paris et au centre Moses Mendelssohn à l’Université de Potsdam.
En 2013, il a reçu le Raoul Wallenberg Prize 2013 in Human Rights and Holocaust Studies.
Günther Jikeli a publié « European Muslim Antisemitism » avec Indiana University Press en 2015.
Référence de l'article : Jikeli Günther, « L’antisémitisme en milieux et pays musulmans : débats et travaux autour d’un processus complexe. », Revue d’histoire moderne et contemporaine 2/2015 (n° 62-2/3) , p. 89-114 
URL : www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2015-2-page-89.htm.
[2] Robert S. WISTRICH, Muslim Anti-Semitism – A Clear and Present Danger, New York
American Jewish Committee, 2002. L’ouvrage a été actualisé et traduit en allemand en 2011 : ID., Muslimischer Antisemitismus : Eine aktuelle Gefahr, Berlin, Edition Critic, 2012.

mardi 19 avril 2016



Juste un peu d’humour






      J’ai lu un p’tit bijou par hasard ce matin. Il m’a fait rire, et par les temps qui courent, le rire est presque devenu aussi nécessaire que le boire et le manger.

 Faut que je vous donne le contexte : Alain Destexhe, - un homme politique bruxellois très très à droite (si fort que même son parti libéral le tient à l’écart), qui a récemment piloté (en voiture car à pied, c’est trop dangereux) l’illustre Alain Finkielkraut dans le Molenbeekistan -, et qui est très présent sur les réseaux sociaux, avait exprimé son indignation sur son mur Facebook à propos d’un reportage de la RTBF sur la fête nationale, en épinglant le fait que celle-ci avait donné principalement la parole à une femme portant le foulard, fêtant comme tant d’autres Belges le 21 juillet.
Son propos ayant choqué rapidement des tas de citoyens, Destexhe avait répliqué sur sa page Facebook, s’en justifiant à l’appui des 100 like que son indignation avait enregistrés en à peine une heure.

 Réaction superbe d’Ismaël Saidi, l’auteur de la pièce de théâtre Djihad d'intérêt public (dont j’ai déjà parlé) sur sa propre page Facebook. Et la voici :


"Alain Destexhe : Ma mère porte le voile, elle est belge et elle fêtait la fête nationale de son pays aujourd'hui et elle vous emmerde. Et elle emmerde aussi les "100 like en une heure" que vous avez reçu sur facebook lorsque vous avez craché sur elle sur votre mur de la honte. Et elle m'a chargé de vous dire ceci : "Sma'il (oui elle est belge mais elle prononce mon nom en arabe) tu diras au monsieur qui a peur de moi, le docteur qui n'a plus de patient, que quand je trouve 100 cafards dans ma cuisine en une heure, ça veut juste dire que ma cuisine est dégueulasse et que je dois la nettoyer avec du White Spirit" Sur ce, monsieur Destexhe, le belge fils et frère de belges musulmanes voilées que je suis vous offre son mépris noir, jaune et rouge."


   Moi, ça perso, comme réplique, j’adore et je like !



  Sauf que le White Spirit, c’est pas trop le bon produit pour désinfecter une cuisine ! Ah ! Les hommes...


jeudi 31 mars 2016


Une note à la première personne du singulier

Après les attentats terroristes à Bruxelles


(ajout d'une remarque autocritique)





   G. et ses enfants sont sains et saufs.
   Maman, ne t’inquiète pas, j’ai eu M. au téléphone, il va bien.


   Je n’étais pas au pays ce lugubre 22 mars. Et c’est par ces brefs messages envoyés par deux de nos enfants habitant en Wallonie, que nous avons compris qu’il s’était donc passé quelque chose de grave à Bruxelles. G. comme M. habitent et travaillent dans des communes populaires de la capitale.
 Le soir même, mon compagnon apprenait par son associé d’origine marocaine et musulman que la femme de ménage de leur petite entreprise avait été tuée dans l’attentat de la station de métro Maelbeek.


   Je n’ai pu que me taire – je veux dire ne rien publier – jusqu’à aujourd’hui. J’ai écouté en différé des témoins, des familles endeuillées (dont le témoignage remarquable de Michel Visart, journaliste économiste de la RTBF qui a lui aussi perdu sa fille dans l’attentat du métro (à voir et écouter surtout, ici : https://www.rtbf.be/video/detail_invite-michel-visart-a-propos-du-deces-de-sa-fille-lauriane-dans-les-attentats?id=2095356), lu beaucoup aussi, cherchant des articles de fond et évitant le sensationnalisme et ce qui s’écrit sur les réseaux sociaux. Certains articles ont retenu mon attention comme celui signé par Corinne Torrekens, docteure en sciences politiques et sociales, de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) dans une revue en ligne que je ne connaissais pas, Orient XXI, et intitulé Contre vents et marées, la sécularisation de l’islam en Belgique. A lire par ceux qui entendent encore ne pas se satisfaire des comptes rendus très approximatifs du journalisme ordinaire, et soumis au diktat de la rentabilité (http://orientxxi.info/magazine/contre-vents-et-marees-la-secularisation-de-l-islam-en-belgique,1268)

 Un autre excellent article publié dans Le Monde qui interroge Pierre Vermeren, professeur d’histoire du Maghreb contemporain à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne et membre du laboratoire IMAF. Il m’a permis tout particulièrement de prendre conscience de l’importance de l’histoire des immigrés du Rif marocain dans le phénomène de radicalisation islamiste et terroriste. A lire ici : http://www.newsjs.com/url.php?p=http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/03/23/la-belgique-est-devenue-un-trou-noir-securitaire_4888420_3232.html.


   Enfin, je retiens un coup de sang signé par le journaliste retraité de la RTBF, Jean-Jacques Jespers sur sa page Facebook, et vous le recopie :


« Les médias, pleins de bienveillance et dans un louable souci de conciliation, interrogent témoins et experts après les attentats. Seulement voilà : tous les entretiens, tous les témoignages portent sur "le vivre-ensemble" et ce qu'il faudrait faire ou éviter pour que les relations entre musulmans et non-musulmans soient plus harmonieuses. Désolé, mais quel rapport avec les attentats terroristes de Paris et de Bruxelles ? L'enfer est pavé de bonnes intentions. L'amalgame est sans doute inconscient mais il saute aux yeux : le non-dit des attentats, c'est la place de l'islam ordinaire dans la société européenne. Plutôt que de focaliser l'attention sur ce sujet, donc de renforcer tacitement le hiatus entre "eux" et "nous", ne faudrait-il pas informer davantage sur les vrais réseaux du terrorisme, qui ne passent pas par les mosquées mais par les prisons, les amis, Internet et les bistrots ? Ne faudrait-il pas questionner la pertinence de ce lien non démontré entre le terrorisme et le salafisme religieux (un intégrisme dont les effets culturels négatifs ne sont pas contestables, mais c'est une autre question) ? Les auteurs des attentats sont des fiers-à-bras, des malfrats qui sont presque tous passés par la case prison, des buveurs, des dragueurs, des sorteurs, des consommateurs de hasch, des "misfits", en rupture avec leur famille qui leur a inculqué de tout autres valeurs, mais surtout des habitués des actions criminelles. Ils ont été recrutés par un mouvement qui n'est pas religieux mais politico-militaire, pour effectuer des opérations qui s'inscrivent dans une stratégie non pas religieuse mais politico-militaire : terroriser les citoyens des pays qui attaquent ce mouvement en Syrie et en Irak, répliquer aux bombardements sur Raqqah.... Daech est dirigé par d'anciens officiers sunnites de l'armée de Saddam Hussein qui veulent se venger d'avoir été chassés par les Américains en 2003 et d'avoir dû subir depuis lors un régime chi'ite qu'ils haïssent - pas toujours à tort. Le mince vernis islamique dont ils recouvrent leur stratégie, délirant du point de vue théologique, n'est destiné qu'à tromper des esprits affaiblis. Leur propagande fait allusion autant à Allah qu'aux grosses bagnoles et aux fascinantes kalachnikovs. Elle séduit autant des gamins en perte de repères dont l'univers culturel se limite aux réseaux sociaux que des exhibitionnistes et des machos ordinaires. Quel rapport avec les débats sur le port du foulard ou les repas halal à l'école ? Bien sûr, certains prédicateurs salafistes peuvent se réjouir - et inciter leurs ouailles à le faire - des malheurs qui frappent les koufirs, et ce n'est pas plus louable que les parades de brutes fachos sur la place de la Bourse. Mais cela justifie-t-il une association sous-entendue mais systématique entre islam ordinaire et terrorisme, accommodements raisonnables et djihad ? »



   Une écriture à la première personne du singulier signifie selon moi non d’abord l’ego du moi, je, mais la responsabilité et l’engagement de ma personne dans ce que j’écris et publie.
 Lors des crimes sauvages (et antisémites de surcroît) perpétrés par Mohamed Merah à Toulouse, comme tant d’autres, je ne réalisais pas qu’ils puissent inaugurer en fait une longue et effroyable série de meurtres, mais qui, avec ceux de Mehdi Nemmouche au musée juif de Bruxelles un peu après ou même les attentats de janvier 2015 à Paris contre Charlie hebdo et l’hyper casher, n’avaient pas encore adopté le modus operandi, beaucoup plus redoutable en nombre de victimes, des attentats kamikaze que nous connaissons désormais depuis les attentats de Paris en novembre dernier et ceux de Bruxelles, ce 22 mars 2016.

   J’ai dû m’interroger, rectifier certaines de mes opinions (comme celle de ne considérer le port du voile intégral que comme une question seulement marginale et sans impact réel), d’apprendre à mieux saisir les nombreuses différences au sein de l’islam, la dangerosité du salafisme dans sa composante théologico-politique, l’influence de la puissance du wahhabisme rétrograde et barbare dans nos propres pays européens, celle des Frères Musulmans par ses services sociaux sponsorisés jusque chez nous.  

   C’est à mes yeux évident et compréhensible, j’ai dû faire partie un temps des naïfs, de ceux qui ont toutefois toujours raison de défendre la cause des citoyens issus de l’immigration arabe car la discrimination ethnique au logement et à l’emploi demeure flagrante (mon pays est au top des pays qui discriminent le plus). Mais je soutiens bien sûr aujourd’hui les Services de Sécurité qui font la traque aux terroristes. Je pense même qu’il faudrait leur donner plus de moyens financiers car hélas, malgré d’autres priorités directement sociales, c’est devenu une priorité absolue.

   Toutefois, je tiens à affirmer que je souscris sans réserve au propos de Jean-Jacques Jespers retranscris ci-dessus. Qu’est-ce que viennent faire tous les innombrables propos qui, en pseudo bienveillance ou carrément en obsession, causent islam et d’islam essentialisé dans les attentats terroristes commis en novembre dernier en plein Paris, et le 22 novembre 2016 à Bruxelles ?  Au fond, c’est comme si, après les horreurs de la Saint-Barthélemy à Paris en août 1572, on eût cru nécessaire de trouver dans les Evangiles ce qui aurait entraîné sa violence extrême et qui aurait été à la base d’un tel massacre. Et qu’est-ce que les citoyens musulmans ordinaires et majoritaires devraient plus que « nous » avoir à dire dans de telles circonstances tragiques ?

   Vaste foutaise ! Les livres dits saints des trois monothéismes comportent chacun des propos de grande violence et des propos sublimes. Moins de versets violents sans doute dans les évangiles, mais ça n’aura pas empêché du tout qu’au nom du christianisme, le sang ait beaucoup coulé pendant des siècles et des siècles.

   Oui, vaste foutaise que de croire qu’il s’agisse prioritairement de religion ! C’est d’ailleurs sans doute le piège dans lequel entend nous prendre tous Daesh, musulmans et non musulmans, cet état maffieux et, - je souscris à la formule même si elle est européo-centrée – nazi. L’idéologique n’a jamais commandé aucune cause ; elle vient toujours au secours d’une cause politique, géopolitique et de façon flagrante dans ce Moyen-Orient de tous les dangers…


  
    G. et ses enfants sont sains et saufs.
   Maman, ne t’inquiète pas, j’ai eu M. au téléphone, il va bien.



   Mondialisation de l’économie et des moyens de communication oblige en tête, je pense que c’en est donc aussi fini désormais de l’insularité sécurisée des pays européens. Hier encore, ce n’était qu’à la télévision qu’on regardait des reportages de la violence la plus extrême ; ailleurs, à des milliers de kilomètres. Aujourd’hui, nous réalisons que le monde est un village, pour le meilleur certes encore, mais pour le pire désormais aussi.


   G. et ses enfants sont sains et saufs.
   Maman, ne t’inquiète pas, j’ai eu M. au téléphone, il va bien.


   J’ose espérer seulement qu’avec l’insécurité qui nous atteints de plein fouet et sans doute pour longtemps, à l’instar de tant de nobles et héroïques résistants durant la Seconde Guerre Mondiale, il y aura aujourd’hui demain, des têtes bien faites, des têtes dures mais aussi dignes et intègres que le furent celles et ceux qui résistèrent au fascisme et au nazisme. Des têtes bien faites d’abord, c’est ce que je nous souhaite d’abord et comme en urgence.

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Remarque critique :

J'ai été sensible aux critiques de deux commentateurs ici et d'un ami en privé à propos de mon exclamation répétée "foutaise !" à propos de l'importance prioritaire de l'islam dans les attentats terroristes. Et à moi-même rapidement, ce passage de ma note ne me parut pas non plus satisfaisant.
Il se fait que je venais d'apprendre que selon une enquête toute récente de CNN, les frères Abdeslam en février 2015, soit 9 mois avant les attentats de Paris, dansaient, fumaient et draguaient dans une discothèque branchée de l’avenue Louise à Bruxelles.
D'autre part, mon exclamation provocatrice et donc réductrice, voulait faire remarquer qu'il était bien peu question de religion (je voulais parler de foi et de spiritualité) mais de politique, de géopolitique et de guerre territoriale dans le chef de Daesh (avec ses leaders militaires, anciens officiers de Saddam Hussein). Par là, j'aurais souhaité que l'on ne tombe pas dans le piège d'y impliquer l'ensemble des musulmans pratiquants de nos pays et marquer mon désaccord vis-à-vis de ceux qui essentialisent l'islam et l'isolent, comme en laboratoire, des deux autres monthéismes, prétendant qu'islam et terreur sont intrinsèquement mêlés de façon anhistorique ou "panhistorique".

Mais la gravité des événements mondiaux liés au terrorisme islamiste m'oblige à revenir, à nuancer et corriger un propos exprimé de façon trop caricaturale. Car il y a effectivement depuis le début du 20e siècle, en lien avec le colonialisme et les aspirations nationalistes arabes, une idéologie islamiste qui instrumentalise les textes religieux à des fins politiques, et de politique totalitariste en plus. Du côté sunnite (wahhabisme et salafisme) mais aussi en réaction chiite (cf. la "République islamique" d'Iran).
Je me rends compte que je n'ai pas assez de connaissances suffisantes en matière d'analyse théologico politiques islamiques. Ce pourquoi, j'ai commandé le livre didactique de Boualem Sansal, Gouverner au nom d'Allah, Islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe.








 





lundi 14 mars 2016


Un documentaire

À voir ou à revoir


Pour découvrir qui gouverne vraiment l’Union Européenne







   
   Intéressant aussi de suivre ce reportage sur la montée du populisme en Europe : https://www.youtube.com/watch?v=o4TkWQXIA0U ,qui date de 2014 et produit par Arte-Thema.


   Je n'ai pas pour l'instant la force d'écrire. Je propose donc seulement ces deux documentaires...